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la bibliothèque du voyageur > éditeurs et librairies


Emporter un livre dans le sac à dos... mais lequel ? Sur cette page: des portraits et des entretiens avec les éditeurs sur leur politique éditoriale et sur leurs choix.

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Artisans Voyageurs

Artisans Voyageurs se définit comme «éditeur de récits de voyages». C'est clair. Avec pour ambition de donner à rêver, réfléchir, apprendre. Nous avons interrogé le responsable, qui fréquente les salons du livre. Après une présentations des collections et des livres, voici l'entretien réalisé par mail en avril 2008.

«Nos récits de voyages ont une dimension humaine, sans forfanterie, où l’humanisme et l’authenticité l’emportent sur le sensationnel.»


Raison sociale: Artisans-Voyageurs Éditeurs
Adresse: Les Landes – 49170 Saint-Germain-des-Prés
Site Internet: www.artisans-voyageurs.com 


Nombre de titres publiés chaque année:6

Les meilleures ventes: Carnet d’une Route de la soie - Au hasard des pistes - La France en bicyclette - Voyager à vélo, le guide 2008 (envolée spectaculaire pour ce titre sorti en mars 2008)

Collection Auteurs d’aujourd’hui

Rêvances, Angers Sydney, 3 ans à vélo d’Angers à Sydney, Paule et Arthur

Carnet d’une Route de la soie, Paule et Arthur

Odyssées africaines, carnet de route africaine, Arthur R. David

Thierry au pays de l’or noir, Thierry Mauger

Au Hasard des pistes, Julie Poirier

Collection Mon carnet d’ailleurs :

À pied vers la forêt de Bohême et la mer Noire, Xavier Vanandruel, préface de Bernard Ollivier

Ma Chine, Route de la soie, Tibet et Hongkong à vélo, François Picard, préface de Sylvain Tesson, (sortie prévue pour le salon Étonnants Voyageurs)

>> Avis de Écrivains Voyageurs .Net : belle maquette, textes rares: une superbe collection de récits anciens.

Collection Les vélocipédiques

Réédition de livres publiés au XIXe siècle et début du XXe

Août 1893, La France en bicyclette, Jean Bertot

Août 1892, En bicyclette, l’Engadine, la Valteline, le Tyrol, l’Italie du nord, G. Quick

Août 1895, Les Pyrénées et l’Auvergne en bicyclette, Briault

Juillet-Août 1926, De Paris à la Méditerranée, James Ruffier

1893-1985, À bicyclette, une vie d’homme, Jean Jaccon

Guides

Voyager à vélo, le guide 2008, Paule et Arthur (Tout ce qu’il faut savoir pour voyager à vélo de quelques jours à… toujours)

Arts graphiques (autour du voyage) :

Drum-Bun en Roumanie, Claude et Marie-José Carret (En photographies noir et blanc, la mémoire de la ruralité roumaine avant son entrée dans la Communauté européenne)

Calligraphies, Khaled al-Saai (présentations d’œuvres calligraphiques du grand maître Khaled al-Saai inspirées par des voyages dans le désert et des poètes voyageurs)

Calligraphies, Lin Xia, (présentations d’œuvres calligraphiques de l’artiste chinoise Lin Xia) à paraître en fin d’année 2008


Entretien avec Arthur / Artisans Voyageurs

Artisans-Voyageurs, en association avec la municipalité de Pellouailles les Vignes (à 5 mn d’Angers dans le Maine-et-Loire) organisent une biennale, le Festival du récit et de l’image de voyage. La prochaine édition aura lieu en octobre 2009. Au programme projections, expos, conférences et… concours de manuscrits de récits de voyage. Le site pour en savoir plus.

Quel est le rôle d'un éditeur, aujourd'hui, dans notre société si friande de vitesse, de consommation rapide, de produits jetables?

Avant tout, pour ce qui concerne le récit de voyage, l’éditeur existe pour révéler des auteurs, ceux, humbles et authentiques qui ne sont pas sous les feux des médias et dont les expériences méritent d’être lues. Le rôle de l’éditeur est aussi, puisqu’il utilise un support matériel, le papier, de pérenniser les récits publiés. Au risque de paraître pessimiste, je m’interroge : la numérisation sur supports informatiques est-elle si durable que cela ?Disposerons-nous toujours de l’énergie nécessaire pour alimenter l’ensemble des outils électriques ?

Plus pragmatiquement une autre question se pose : puisque le « e-lecteur » est défini comme pressé peu soucieux du support pourquoi pas un livre sonore – audio-book – plutôt qu’un livre sur écran ?

Et demain? Pensez-vous que le livre électronique à de l'avenir? Si oui: quelle rôle un éditeur comme vous pourra-t-il jouer?

Le livre électronique intéressera sans doute une partie du lectorat, mais je ne pense pas qu’il menacera le livre papier au point de le faire disparaître. Tout dépend des ouvrages bien sûr, un récit de voyage supportera d’être lu sur écran, mais un beau livre contenant une iconographie de qualité n’a de sens qu’imprimé. Il y a aussi la question du confort de lecture, du contact physique avec le support.. Mais puisque l’évolution imposera un « e-lectorat », je réfléchis actuellement à la possibilité de mettre à sa disposition des versions numérisées de nos livres avec un partenaire de l’Internet Je dois m’adapter dans l’intérêt de mes auteurs et de ma maison d’édition.

Pour que le lecteur continue à donner sa préférence au support papier, je crois que l’éditeur doit proposer de jolis livres, mis en page pour un confort de lecture optimisé, sur des papiers agréables au toucher et à un prix de vente raisonnable. C’est l’objet de notre nouvelle collection Mon carnet d’ailleurs. Cela nécessite aussi de repenser la commercialisation du livre papier.

Comment cette histoire a-t-elle commencé?

Au terme du premier voyage que Paule et moi avons fait à vélo, voyage au cours duquel nous avons pigé pour un quotidien et des magazines, nous souhaitions faire partager plus que notre expérience de voyage, notre constat sur le monde tel qu’il allait et non tel que les médias le maltraitaient. Les éditeurs sollicités ne se donnaient pas mêmes la peine de lire le tapuscrit et renvoyaient des « lettres automatiques ». Certains même répondirent que ce genre ouvrage n’entrait pas dans leur ligne éditoriale pour, finalement, publier quelques semaines après un récit de voyage à vélo dont les protagonistes étaient sous les feux des projecteurs de télévision. Nous avons laissé notre projet d’édition de côté et sommes repartis sur une des Roues de la soie, continuant à piger pour magazines et quotidiens.

Au retour même problème, impossible de trouver un éditeur pour ce récit (aujourd’hui 8000 exemplaires vendus). Nous avons la chance, dans notre entourage d’avoir des amis acteurs des métiers du livre, l’un d’eux, Saïd Muhammad, professeur à l’école d’art graphiques Estienne et auteur de romans, m’a appris le métier de l’édition. D’autres nous ont conseillés sur le traitement de la quadrichromie, etc..

Nous avons donc publié nos récits en autoédition. Après chacun de nos voyages le refus de réintégrer un mode de vie formaté était de plus en plus fort. En 2000, comme nous avions acquis des compétences en matière d’édition nous avons décidé, des amis, Paule et moi, de créer Artisans- Voyageurs ® afin de mettre ces compétences au service d’auteurs voyageurs ayant de belles choses à rapporter.

Comment définiriez-vous la ligne éditoriale de votre maison d'édition?

Disons que les éditions Artisans-Voyageurs®, puisqu’elles se sont fixées essentiellement sur le récit de voyage,veulent donner à rêver, réfléchir, apprendre. Nos récits de voyages ont une dimension humaine, sans forfanterie, où l’humanisme et l’authenticité l’emportent sur le sensationnel.

Quel message voulez-vous faire passer par le choix de vos auteurs, de vos collections, de la présentation de vos livres ?

Le message, que je reprends souvent dans mes conférences et que j’ai emprunté à Jean Bottéro, le grand historien de la Mésopotamie, il est simple:

«la Connaissance commande toutes les vertus».

Or, le voyage c’est la connaissance du monde, des cultures et des hommes qui l’ont fait, la font et la feront. Le choix de nos auteurs est donc en totale adéquation avec ce message. Le voyageur qui n’évoque que son nombril et ses « galères » ne nous intéresse pas, celui qui a compris que le héros d’un voyage c’est le monde, celui-là a toutes les chances d’être publié par Artisans-Voyageurs®.

Le choix des titres de nos collections et des mises en page sont faits afin qu’ils soient les meilleurs ambassadeurs valorisant l’auteur auprès des lecteurs potentiels.

Pourquoi publier des récits de voyages?

Comme je l’ai dit plus haut, pour mon attachement à la connaissance de l’Autre, pour permettre à ceux qui ne peuvent voyager de le faire par procuration tout en apprenant, et (égoïstement) rester dans l’univers du voyage…

> Entretien réalisé en avril 2008

Quels sont vos projets?

Les manuscrits s’entassent, le choix est parfois difficile. Plusieurs ouvrages sont en cours de mise en page dans la collection Les vélocipédiques (3 titres d’ici à la fin 2008).

La collection Mon carnet d’ailleurs va s’enrichir de deux titres, Kumba Mela de J.-Y. Cozon d’ici à la fin de l’année, puis le récit de Vladimir et Lioudmila Basalaev (Russes de Moscou) qui ont traversé l’ex URSS sur un tandem fabriqué en soudant deux vélos l’un à l’autre. Le titre n’est pas encore choisi.


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