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le guide de lectures > les classiques >> Kenneth White


Né sur la côte ouest de l'Écosse, installé sur le rivage breton, Kenneth WHITE, poète, écrivain, essayiste, déploie depuis une trentaine d'années une oeuvre originale qui vise à retrouver un rapport authentique et direct avec le monde, où l'expérience des lieux habités et traversés, le travail de libération du corps et de l'esprit, trouvent leur pleine expression dans l'écriture, une écriture limpide et intelligente. Son œuvre immense et multiple écrite à la fois en anglais (poèmes, récits) et en français (essais) lui vaut d’être considéré dans le monde comme un des plus grands auteurs contemporains. Sur cette page:

Kenneth WHITE - Un monde ouvert - Le rôdeur des confinsLa Route bleue  - Lettres de Gourgounel - Les Cygnes sauvages.

Autres pages sur les classiques

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> Note de lecture à venir.

Kenneth White - Les affinités extrêmes

Parution de Les affinités extrêmes, de Kenneth WHITE, aux éditions Albin Michel. Si Kenneth White sait traverser des territoires et habiter pleinement la terre, c'est aussi un aventurier de l'esprit qui évolue dans les espaces mentaux les plus exigeants, les plus rares - et les plus vivifiants. Il évoque dans cet essai littéraire aussi passionné que poétique son rapport personnel à quelques écrivains de langue française dont Breton, Michaux, Céline, Cioran, Segalen, qu'il estime être parmi les plus libres et les plus stimulants de cette fin de modernité: prosateurs hors des limites du roman, poètes qui dépassent la philosophie. L'ensemble prend des allures de ce que White, styliste de talent et démocrate radical de toujours, appelle un «manifeste anti-médiocratie». Loin de tout dogmatisme, étranger aux modes intellectuelles de ce siècle débutant, ces Affinités extrêmes sont avant tout un guide d'indépendance d'esprit. Notez la nouvelle adresse du site de Kenneth White. Belle mise en page, photos, liens, agenda de l'auteur.


Un monde ouvert - Anthologie personnelle. Gallimard.


>>> Kenneth White lit un poème de ce recueil sur le site de la revue Astrolabe.

Kenneth WHITE - Un monde ouvert

Sous titré ANTHOLOGIE PERSONNELLE, ce recueil de poèmes publié dans la collection Poésie chez Gallimard est bien «un choix de poèmes et non pas (encore) une oeuvre poétique complète. Le travail continue» précise l'auteur.

Extraits de divers recueils comme Limites et marges, ou Le Passage extérieur, pour ne citer que les plus récents, cette anthologie chronologique donne une bonne idée de Kenneth White poète. Mais il s'agit de traductions, et pour celles et ceux qui souhaitent disposer des versions en langue anglaise, il faudra se procurer les éditions originales.

Copieuse et intéressante préface de Gilles PLAZY; dossier et bibliographie. Le genre de bouquin à toujours avoir dans le sac à dos.

Extrait

Brume chaude et blanche sur la baie
une vieille jonque s'éloigne
pesamment -
quelque chose aimerait voir durer cette paix...
mais le jour s'est levé: grues qui tournent,
gens qui se pressent, moteurs qui toussent,
sirènes qui hurlent, téléphones qui sonnent
- HongKong quitte ses rêves pour faire e l'argent.

Note de lecture à venir.


«Ce n’est pas seulement un question de géographie, c’est une question de paysage mental.» «Il faut sortir, approfondir les lieux, ouvrir l’espace. Écrire la lumière qui passe.» Kenneth WHITE - Le Rôdeur des confins. Albin Michel 2006


Lire le prologue ici

Kenneth WHITE - Le rôdeur des confins

Le très beau titre (je trouve) de ce récit est expliqué dès le début du livre : les notions de confins, de marges, de limites, de passages, de chemins sont peut-être inscrites, pour certains, dans la moelle de leurs os. «Ce n’est pas seulement un question de géographie, c’est une question de paysage mental.» White aime se frotter à des lieux et aux paysages. «Il faut sortir, approfondir les lieux, ouvrir l’espace.» Les conditions ne sont pas toujours très confortables, mais c’est ainsi : il préfère le réel à l’imaginaire. «Le réel est plus riche que l’imagination. Le réel demande à être observé de près, il invite à une approche sensible des choses.» La relation avec le réel exige «que l’on modifie ses manières de penser, de vivre, de s’exprimer, et conduit à une transformation de tout l’être.»

Alors Kenneth White met les moustaches dehors. Car, comme il l’a écrit dans La Maison des marées, White «rôde autour du monde à la façon dont un chat rôde autour de son territoire.» Le premier livre, Terres du Nord, nous emmène aux Orcades, une nuée d’îlots disséminés au large de l’Écosse. «Que diable suis-je venu faire à Kirkwall?» Suivent le Jütland, Stockholm, Göteborg. Copenhague, la ville de Kierkegaard. C’est l’occasion de mieux connaître cet écrivain danois aussi appelé l’ermite, le relieur hilare, frère Taciturne…  Dans le cycle des Terres du sud, l’auteur nous propose diverses pérégrinations au Portugal, en Espagne, en Andalousie, au Maroc. En Corse, une «île réelle»,  nous croisons Sénèque et Rousseau. Des sentiers moins courus nous conduisent vers Esprit Requiem, un bibliophile, et Dominique Cervoni, un marin dont parla Joseph Conrad. L’océan du vide est la dernière partie, consacrée à des voyages en Polynésie. Et si White sait nous faire le portraits d’inconnus ou nous raconter des choses oubliées, il sait aussi planter un décor en quelques phrases : «Des croix tout le long de la route. Des cimetières avec des myriades de lumières rouges clignotant sur les tombes. Une raffinerie de betteraves crachant de la fumée dans un ciel violet.» Sortir, rôder, ouvrir les yeux et les oreilles. Et «écrire la lumière qui passe.»

«Comme il est bon d’être à l’écart de toute l’agitation, de toutes les opinions et de tous les discours, et de se sentir, pendant un moment, tout simplement en paix avec la planète.» Face au désarroi des sociétés et des hommes, et en réponses à d’autres solutions plus ou moins fumeuses (violence, sectarisme…) Kenneth White tente de «d’ouvrir un espace d’existence et de promouvoir une nouvelle présence au monde» par la lecture de ce qu’il appelle des «livres de pérégrination», contenant des «paysages historiques et culturels», la plupart en marge de la grande histoire et des circuits convenus. Les confins du monde sont aussi les confins de l’esprit. Être curieux est peut-être salvateur. Ce livre est érudit, curieux, intelligent. Lecture hautement recommandée.

Les premières lignes de l’avant-propos de l’auteur : «Né aux confins de l’Europe, dans un fragment de la planète qui, dans le lointain passé géologique, avait plus à voir avec le Groenland et le Canada qu’avec sa voisine actuelle, l’Angleterre, j’ai longtemps vécu aussi dans ce qu’une carte des «Monts Pyrénées» du XVIIIe siècle appelle les «Confins de France», pratiquant, des années durant, maints passages entre le nord et le sud de la frontière.» Éditions Albin Michel 2006.


«De toute façon, je voulais sortir, aller là-haut et voir.» Kenneth WHITE


Avis personnel: l'un des 10 plus grands récits de voyage!

Kenneth WHITE - La Route bleue

«De toute façon, je voulais sortir, aller là-haut et voir.»

Le Labrador : le souvenir d’images d’un livre d’enfance. Et depuis toujours, l’envie d’aller voir. «C’est un endroit, non ? Et si c’est un endroit, ça veut dire qu’on peut y aller, il me semble.» Soit. Partons. «Je quitte la ville de Québec. Route 175 Nord. J’aime cette pure notation mathématique placée entre deux mots lourds de sens. Le calculable et l’incalculable.» Partons pour découvrir qu’ici comme ailleurs, la civilisation, avec ses Livres et ses codes, est capable de changer le nom d’un lac. Peut-être ce lac avait-il été nommé le lac des Vagues bleues par des gens qui le connaissaient bien. Et puis des missionnaires sont passés par là. Le lac est devenu le lac Saint Jean. «Rien à voir avec la réalité perçue dans toute sa beauté.» Les missionnaires ont toujours été les ennemis des nomades, rappelle K. White. Qui poursuit sa route avec ses compagnons fantômes : Coleridge, Thoreau, Melville, Bashô, Jacques Cartier et les explorateurs du XVIe. Avec les indiens et les Innut, les êtres humains.

L’auteur s’immerge facilement dans la vie locale. Il rencontre beaucoup de gens, discute, est invité à un mariage. Autant d’occasions de comparer les écarts entre civilisations, et les ravages de la modernité : «Chaque fois qu’un espace vide se présente quelque part, au lieu d’y voir une occasion d’approfondir notre sens de la vie, nous nous empressons de le remplir de bruit, de jouet, de «culture».» Et de décrire aussi «le soleil blanc du Labrador qui brille maintenant à travers les nuages gris.»

Et la route bleue. Mais qu’est-ce qu’une route bleue? Pour K. White, c’est le bleu du grand ciel, le bleu du fleuve (le Saint Laurent), le bleu de la glace. Les silences bleus du Labrador. Mais «la route bleue, c’est peut-être tout simplement le chemin du possible.» Aller aussi loin que possible, «jusqu’au bout de soi-même, jusqu’à un territoire où le temps se convertit en espace, où les choses apparaissent dans toute leur nudité et où le vent souffle, anonyme.» De toute façon un seul adage : «quand tu arrives au bout de la route, continue à marcher.» Pour «s’ouvrir à l’univers », pour «écouter le monde.» Un vrai livre de voyage, une vraie littérature du dehors.

Les premières lignes : «Un œuf tourné, toast, café ! Là dehors, Montréal. Les rues et le fleuve. J’en entends la rumeur. Et là-bas, tout au fond, vaste beauté qui dort, le Labrador. Sitôt mon petit déjeuner terminé, je commence à m’enquérir du Labrador. Au Voyageur Terminus, je décroche l’un de ces téléphones qui donnent des renseignements et, comme si j’avais onze ans, je demande : S’il vous plaît, comment est-ce qu’on va au Labrador?» Éditions Grasset & Fasquelle 1983. Prix Médicis étranger.



>>> Le site de l'Institut international de géopoétique

Kenneth WHITE - Lettres de Gourgounel

En 1962, Kenneth WHITE s’installe dans une ferme de la montagne ardéchoise. Le nez au vent, et le stylo à la main, il va sillonner la campagne, et rencontrer les hommes et les éléments du Tanargue et des environs. Il en découlera ces Lettres, publiées en 1966, et qui rendirent l’auteur célèbre.

Il s’agit de chroniques d’une vie simple, tournée vers les gens et la nature. Beaucoup de portraits de personnages en voie de disparition : paysans et artisans d’une région difficile, et soumise aux caprices du temps. Entouré de Montaigne et de quelques auteurs chinois, WHITE digresse. Les éléments (l’orage, la chaleur, l’eau), et la nature (les cèpes, les châtaigniers), sont prétextes à des textes poétiques et réalistes à la fois.

Si découvrir «le langage inconnu auquel l’esprit aspire», et donner un sens entre les hommes et l’univers, semblent être les voies suivies par Kenneth WHITE, un écrivain complexe, un auteur prolifique, qui par ailleurs a fondé l'Institut international de Géopopétique (site Internet : http://www.geopoetique.net/archipel_fr/index.html ), ces lettres peuvent très bien se lire comme les simples et belles chroniques d’un temps révolu qu’elles sont.

Les premières lignes de la préface de l’auteur en 1979 : «Premier livre de prose que j’ai écrit, ces Lettres de Gourgounel furent composées dans une ferme de la montagne ardéchoise en 1962. Publié à Londres en 1966, le livre fut reçu comme étant tout à fait en dehors des normes de la littérature contemporaine : une anomalie et un anachronisme. Ce n’était pas pour me déplaire.» Éditions Grasset & Fasquelle 1997, repris dans la collection Cahiers rouges.


 

Kenneth WHITE - Les cygnes sauvages

«Je suis parti dans le vent»

Je flânais en ce dimanche matin à M. une petite ville au bord du lac d’Annecy. C’était l’heure calme d’un matin de printemps (un lundi de Pâques); une famille, qui s’exprimait dans une langue que, de loin, je n’arrivais pas à identifier, mettait à l’eau un bateau pneumatique, opération qui dérangeait les deux cygnes qui avaient décidé de passer la matinée ici. Il était 10h30, au bord du lac l’air était un peu frais mais le soleil commençait à se faire sentir. Pas encore de bruits. Les hors-bord, ce serait pour cet après midi. Je me suis assis sur un banc, face au lac, presque les pieds dans l’eau. J’ai sorti un livre de mon sac à dos. Je me suis mis à lire. Calme. Des vaguelettes, un brin de clapotis. J’entendais parfois les pas et la respiration soutenue des marcheurs ou des joggeurs qui passaient sur la petite route, dans mon dos. Silence agréable de cette matinée. Seul problème: les marcheurs passaient le long des haies et des palissades derrière lesquelles se cachaient les chalets et les propriétés d’un certain standing. La propriété privée. Et les gardiens de cette propriété privée: les chiens. Les chiens de gardent aboyaient. Et je pensais aux phrases que je venais de lire : «Mais où est l’humanité? Mais où sont les êtres humains? Il y a cette nation-ci et cette nation-là, et dans chaque nation il y a ce clan-ci et ce clan-là, ce parti-ci et ce parti-là, cette secte-ci et cette secte-là, cette personne-ci et cette personne-là. Tous avec des identité différentes auxquelles ils veulent s’accrocher, et prêts à se battre pour elle sans la moindre hésitation.» Et ces chiens qui aboyaient… «Quelle chance le monde a-t-il dans toute cette folie furieuse? On brûle les arbres et les herbes. On bétonne la terre. Tout ça au nom d’Une chose ou d’une Autre.» Et ces chiens qui aboyaient, au bord de ce lac si tranquille… Je lisais un récit de Kenneth White: Les Cygnes sauvages. Un récit de voyage. Et pour la première fois je lisais, je voyais, j’entendais, je comprenais, au travers ce récit de White, les dimensions multiples que peut avoir un récit de voyage.

Un voyage au Japon

Mais prenons ce livre à son début. Le prologue donne toutes les explications utiles: Kenneth White décide de faire «une virée» au Japon, en forme de «pèlerinage géopoétique», pour «rendre hommage aux choses précieuses et précaires» et pour faire un «voyage- haïku» dans le sillage de Bashô. Il espère bien en tirer un livre, qu’il voudrait «petit livre nippon extravagant, plein d’images et de pensées zigzagantes.» S’immerger dans un pays, dans une culture, dans des souvenirs littéraires, et «si possible, voir les cygnes sauvages venus de Sibérie s’abattre avec leurs cris d’outre-terre sur les lacs du Nord où ils viennent hiverner.» On ne peut pas avoir de buts plus clairs pour un voyage. Rien de plus clair, et rien de plus simple, à la fin des années 80. Le résultat est ce récit, Les Cygnes sauvages, un livre à l’air inoffensif, pas très épais, et pourtant rempli à craquer d’histoires, de descriptions, de sons, de poésie, de philosophie, d’histoire littéraire, d’érudition, mais une érudition douce, qui ne fait pas mal à la tête, et même une érudition qui rend intelligent. Zen, quoi.

Le livre s’ouvre sur l’arrivée à Tokyo: «au premier coup d’œil c’est tout bonnement hideux.» Tokyo la ville lumière est aussi une ville de bruits. Elle est peuplée d’étrangers à son image: occidentaux (américains, pour tout dire), et bruyants. Mais, en cherchant un peu, le voyageur, pour peu qu’il parte à la recherche de la «météorologie mentale» des habitants de ce pays, finit par trouver des jardins tranquilles, d’autres rencontres, l’autre Japon. Il suffit d’ouvrir des portes, de rue en rue, au fil des discussions, jusqu’à ce que «l’aube arrive avec un goût de saké froid». Et lorsque le voyage se poursuit ainsi, les rencontres sont l’occasion de comprendre ce que K. White lui-même cherche, puis, quand il a trouvé, il nous raconte. Ce qui nous vaut de savoureux dialogues, dans le train pour Yokohama ou ailleurs. Jusqu’à comprendre qu’au Japon l’essentiel est dans l’esprit.

Gardons ouvertes d’autres routes

Un dialogue, sur l’autoroute, K.W. est à coté de Kenji, son guide du jour:

«Soudain Kenji lâcha:
Nous avons trahi le vrai monde.
- Le vrai monde ? Qu’est-ce que c’est ?
- Je ne sais pas. Mais ce n’est pas ça – et il fit un geste de la main en direction de l’autoroute.
- Eh bien, peut-être que nous y reviendrons. Ce truc dingue ne pourra pas durer longtemps. Ca pétera un de ces jours, bientôt.
- Trop fort et trop tard.
- Pas si on garde ouvertes d’autres routes.»

Ce dialogue – ces phrases courtes, ces mots simples, presque choc, qui produisent des idées claires, faciles, sont typiques de l’œuvre de Kenneth White – ce dialogue insiste sur les thèmes que l’auteur présentent dans ce récit: celui de la cage – K. White écrit ou fait dire par l’une de ses rencontres: «nous vivons dans une cage» – et: le monde va mal. Le monde va mal mais tout n’est pas complètement fichu. Nous faisons fausse route, mais il n’est pas trop tard pour rectifier. A condition de ne pas ignorer le monde, de ne pas s’en écarter. Il est même possible (en tout cas une certaine façon de voyager le permettrait) de le considérer comme «intéressant, beau et radieux.»

Ailleurs, un japonais parle de revenir dans «l’arrière pays de toujours», de retrouver et cultiver ce qui a été perdu. Et Kenneth White d’aller dans ce sens: «on se demande si l’humanité ne pourrait pas s’arrêter tout simplement pendant quelques temps, jeter un coup d’œil autour d’elle et dire, OK! Il est temps d’essayer de refaire le cercle.» Le problème c’est «mais où est l’humanité?» Comment décider ensemble quand il y a cette nation-ci et cette nation-là, ce clan-ci et ce clan-là, cette personne-ci et cette personne-là?

Prendre d’autres routes, garder ouvertes d’autres routes, ne pas se laisser enfermer dans une cage, faire un «simple retour tranquille» en arrière, sans pour autant penser que c’était mieux avant, mais «retrouver et cultiver ce qui avait été perdu», faire une «renouée», «refaire le cercle», revenir à «l’esprit des choses quand les esprits circulaient dans le monde»… On voit bien les propositions de K. White, qui cherche à nous entraîner ailleurs que dans la médiocrité ambiante de notre époque et qui nous dit que toute l’agitation actuelle du monde ne résoudra rien. Alors, commet faire?

Seul
avec un vieux corbeau
en pays inconnu

Ou bien:

Dans les montagnes
sur le bord d’un torrent
buvant du saké froid
.

La solution (au moins la tentative de la rechercher) se trouve peut-être dans le voyage. Et dans la poésie. Le voyage et la poésie: Bashô.

L’homme du vent et des nuages

Il est évidemment beaucoup question de Bashô dans ce récit. Maître Bashô. Un poète qui prit la route peut-être pour calmer «une angoisse fondamentale qu’aucune religion ne pouvait soulager», et qui, en apportant un ton nouveau, en écrivant la nouvelle sorte de livre qu’il cherchait, ce «livre de la voie et du vent», modifia le cours de la poésie japonaise. Bashô, cet «homme du vent et des nuages», qui avait une conscience du caractère transitoire de toute chose, avec une perception de la beauté de la nature, Bashô le maître du haïku.

Sur une branche dénudée
est perché un corbeau
crépuscule d’automne.

K.White répond:

Ce matin-là
sur les eaux de la Sumida
une mouette solitaire

Ce matin-là d’octobre, sur la route étroite vers le Nord profond, ce Nord à connotation libertine, licencieuse, dans la culture japonaise, ou sur le Tokaido, la «route de la mer de l’Est», K. White rencontre la mémoire d’un poète illustre. Sur ces sites remarquables, avec cette notion de route de voyage à l’esprit, un autre haïku de Bashô:

Première pluie d’hiver
et mon nom sera
voyageur

fait écrire à l’auteur de belle phrases sur la poésie, qui, pratiquée avec profondeur, pouvait – et pourrait toujours – constituer «une voie» en soi, tout comme le voyage, au moins le voyage zen, ou méditatif, dont l’idée était de «se laisser aller avec les feuilles et le vent.»

La route est toujours poétique. Même quand il pleut. La pluie rendrait plus sensible. Les peintres de l’ukiyo-e comme Hiroshige aimaient la pluie. Hiroshige est ce peintre connu pour ses estampes réalisées au long du Tokaido. Lorsque K. White aborde le Hokkaido, cette île en forme de raie, cet «autre monde», il a le sentiment d’arriver dans le «pays lointain» qu’il cherchait. Il nous entraîne à sa suite, d’une réflexion sur le pèlerinage dans la montagne – ces montagnes que les occidentaux escaladent pour les vaincre, et que les orientaux contemplent–, à la visite d’un sanctuaire shinto, de la découverte du jiyuristu, l’école du vers libre, à la découverte du port de Sakata, la ville du saké, port rempli «du teuf-teuf-teuf des bateaux», du massif du Hokkoda, la demeure du vent.

Des corbeaux en couleur

Avec K. White on ne voyage pas en se bouchant les oreilles. Il y beaucoup de bruit(s) dans ce récit. Les marteaux frappent les cloches de métal des temples; les pieds du marcheur font crisser l’épais gravier blanc. Et la nature, pour qui ne détourne pas l’oreille, produit toutes sortes de sons. «Il y a un mois environ, là-bas sur le mont Haguro fourmillaient les yamabushi, soufflant dans leurs conques, mais ce matin, tout ce que j’entends, c’est un corbeau, kraa kraa, kraa kraa, dans le ciel d’un bleu éblouissant.» Beaucoup de vent, et beaucoup de corbeaux au Japon! On les retrouve plus loin dans le Hokkoda: «tout croassant dans le vent, et le vent, le vent du Hokkoda, portant leurs cris jusque dans les hauteurs sereines de cet automne suspendu dans le temps.» Et encore ici: «plus gros qu’à l’ordinaire, qui crient, crient, crient dans le ciel venteux.»

Avec K. White on entend tout, et ne voyage pas en noir et blanc. Il y a également beaucoup de choses à voir, pour qui sait ne pas fermer les yeux. «Or rouge sur les collines, rivières fumant dans le soleil du matin, traces de neige sur les hauteurs, et partout des corbeaux…» Plus loin une forêt avec «ses feuilles rouges, au jeu de lumière et d’ombre sur les éclaboussures blanches de la cascade.» Autre exemple: «une énorme grue peinte en rouge qui se profile au-dessus de la ville ; on aurait juré le portail - perchoir de quelques sanctuaire shinto.»

Les « lointains rivages »

Finalement arrive le bout du chemin. Le Hokkaïdo, ce territoire au bord du monde, auparavant appelé le pays barbare, un temps occupé par des gens en marge de la société, bannis et autres chercheurs d’or. Jusqu’à ce que des colons japonais eurent le désir de coloniser ce pays qui était considéré comme «vide», pourtant peuplé de Aïnous, mais comme l’Australie était peuplée d’Aborigènes. Avec des conséquences identiques. Le 15 octobre au matin K. White est sur la route 5 le long de la péninsule d’Oshima, «la queue de la raie», puis il se dirige vers le mont de la Grande Neige, sous la neige. Il s’enfonce dans un «vide neigeux» au risque de se perdre. Pour constater aussitôt qu’il est difficile de se perde volontairement: «cela peut paraître parfois, quand on y pense, un bon moyen de sortir de tout le bruit et de toute la chierie, mais une fois sur place, le corps se rebelle, veut garder les pieds sur cette sale et saoule vieille terre rouge.» Poursuivre, mettre un pied devant l’autre, est donc une réaction instinctive et bénéfique. Garder les yeux ouverts…

Garder les yeux ouverts. «Rougeurs brumeuses de l’automne, le Pacifique aux reflets bleus, cimes enneigées à l’horizon (…) bateaux à l’ancre, grues défilant dans un élégant silence, ramasseurs de coquillages affairés.» Toujours ces phrases courtes, parfois sans verbe. Des plans, que nous suivons du regard. «Encore des grues, s’élevant au-dessus d’un mer d’herbe jaune. Une plage de sable noir.»

Hiroshige - Cygnes

Les cygnes sauvages

Dans ce récit, encore une fois K. White fait la démonstration qu’il faut rester attentif, et savoir se poser des questions. Un exemple: le cygne a toujours été représenté, depuis Buffon, comme étant apprivoisé et flottant sur un bassin. Raison pour laquelle nous n’imaginons le cygne que flottant. Or le cygne est sauvage, il vole, et serait même «l’un des grands voyageurs du monde.» Comme quoi on peut se laisser abuser… Et c’est toujours Buffon, le XVIIIe, les «philosophes», la «philosophie naturelle», cette discipline généraliste qui existait avant les spécialisations, «où l’attention se portait sur un questionnement total, ainsi que sur la recherche d’une appréhension, d’une compréhension globale du monde » qui renvoient bien évidemment au concept de géopoétique créé par l’auteur. Selon Buffon le cygne serait un «farouche voyageur du monde» et vivrait «en paix avec la Nature.» Le voyage, la rencontre, l’autre, le monde, la paix, la nature: je me demande si nous n‘avons pas ici les notions de base de la géopoétique…

Géopoétique? Une notion pas toujours facile à appréhender, croit-on. En fait ça n’est pas compliqué. Ça part d’un constat: la civilisation du progrès ou «autoroute de l’Occident» a montré «qu’elle ne mène pas nécessairement à quelque chose de formidable». Tout est loin d’être intéressant ni enrichissant. On peut même dire que coté culture et coté civilisation, les modèles se sont effondrés. Des «nomades intellectuels» (Nietzsche, Rimbaud…) ont tenté de quitter l’autoroute, de suivre d’autres chemins, de faire entendre d’autres voix. K.White propose de continuer, de déambuler de territoire en territoire, de s’écarter des sentiers battus, de «nomadiser», de partir à la rencontre des autres, de s’ouvrir au monde, ce qui permettrait de mieux connaître, de mieux sentir les choses, de voir ailleurs et dans toutes les cultures ce qui est valable et qui pourrait être une autre voie pour l’homme. A la question: comment vivre sur la terre (géo), les pieds sur terre – «c’est la vie sur terre qui m’intéresse», dit-il –, K. White propose de chercher les réponses dans la culture, la beauté et l’étrangeté du monde, sa «poétique», en s’ouvrant au monde, en «élargissant», en renouant les contacts entre les humains, voire avec le non-humain: la nature. Le but de la géopoétique est l’épanouissement de l’être, ici sur terre.

Plus tard dans la journée j’ai terminé la lecture des Cygnes sauvages à la maison – le récit se termine par un suspens qui finira bien: «Ils ont tourné, tourné dans l’air vif et clairs. Je les ai suivi des yeux et de l’esprit.» –, en écoutant Music for 18 musicians, de Steve Reich. Au son de cette musique, qui rappelle étrangement les bruits naturels, répétitifs, de la nature, comme ceux que K. White décrit, j’ai facilement imaginé l’envol des cygnes sauvages. J’y étais. Et quand un auteur vous emmène, vous transporte avec lui là où il souhaite, et vous fait vivre ses émotions, à distance, dans le temps et à travers un récit, c’est qu’il s’agit d’un grand livre, et d’un grand écrivain. © LB 2007

Les premières lignes: «Dans la nuit au dessus de l’Amérique, une petite Japonaise s’est affalée à coté de moi et s’est mise à fumer comme un volcan. Après avoir pompé tout son saoul, elle s’est pelotonnée voluptueusement dans le fauteuil et s’est endormie. Peu de temps après, elle avait la tête appuyée sur mon épaule gauche. J’ai dû somnoler moi aussi. Quand je me suis réveillé, la petite Nippone était partie, et une voix annonçait la descente sur Tokyo.» Éditions Grasset & Fasquelle 1990.

A lire aussi un entretien avec l'auteur dans Trek magazine de novembre 2006


A lire aussi: d'autres récits de voyages

La Maison des marée

Je n'ai pas lu ce livre, voici la présentation de l'éditeur. Personne mieux que le grand écrivain d'origine écossaise Kenneth White ne sait voir, aimer, raconter lieux et paysages. Depuis toujours, il collectionne les terres, les océans, les pierres, les chemins, les vents et les brumes. Il aime marcher, se perdre, faire des rencontres. Voici quelques années, il s'est arrêté sur la côte nord de la Bretagne. À la fois espace ouvert et lieu concentré, propice à la rêverie, aux promenades, à la lecture. Segalen, Chateaubriand, Renan ne sont pas très loin. Faulkner ou Kerouac lui font parfois signe, entre la visite amicale d'un géographe, d'un pêcheur ou d'un routard... Dans ce livre, Kenneth White nous raconte ses voyages immobiles, ses randonnées à travers le paysage armoricain, ses rencontres avec les fantômes de moines celtes navigateurs, ses curiosités et ses songes, au fil d'une géographie poétique de la Bretagne, merveille d'élégance, de style et de liberté d'esprit. Éditions Albin Michel 2005. Lire un extrait sur le site des éditions Albin Michel (format .pdf)

Le visage du vent d'est. Errances asiatiques

Le point de vue de l'éditeur. Prenant pour point de départ le monde flottant de Hong Kong, ce livre avance plus loin dans la mer de Chine, pour aborder Macao et Taiwan, avant de pénétrer en Thaïlande. C'est donc un livre de voyage. Mais si, en naviguant de territoire en territoire, Kenneth White garde tous ses sens en éveil, le voyage, tel qu'il est compris et pratiqué ici, ne s'arrête pas à la géographie ni à un compte rendu impressionniste. Il se nourrit de culture ancienne et contemporaine, et aborde aux rivages de la contemplation. Ces errances orientales sont superbement écrites, dans la prose d'un poète alliant clarté et intensité, où la drôlerie côtoie la méditation, et où la pensée vagabonde dans une ouverture totale au monde. Réédition Albin Michel 2007.


La poésie

Le passage extérieur

Le point de vue de l'éditeur. Ce que White entend par «passage extérieur» se dégage de manière diverse des quatre sections de ce livre : Éloge de l'isolement, Souvenirs de la province des pluies, Le manuscrit des Mascareignes et Lettres du promontoire, où une méditation profonde s'allie à un humour... transcendantal. Dans tous les cas et dans tous les lieux limites évoqués dans ces «passage extérieur», il est question de maintenir, face au théâtre du monde, une distance et un silence où l'être peut encore connaître une présence et une plénitude. Mercure de France 205. Édition bilingue anglais- français.

Terre de diamant

Le point de vue de l'éditeur. Éprouver la lumière et la densité du monde, telle fut, très tôt, la quête du poète écossais Kenneth White sur les traces existentielles des présocratiques et des tao-bouddhistes de l'Orient. Terre de diamant est un chemin de vie, un itinéraire mental qui va d'Écosse en France, d'Europe en Afrique du Nord, d'Amérique en Asie. Au fil de ce vade-mecum s'égrènent des poèmes limpides, miroitants, diffractant «des moments plus exacts que les autres», saisis par un œil lavé de tout ce qui obscurcit la vision et encombre l'esprit. Grasset collection Cahiers rouges. Édition bilingue français- anglais.

Limites et marges

Le point de vue de l'éditeur. Difficile d'imaginer une ouverture au monde plus grande que celle qui se trouve dans ces pages. En fait, chez White, l'imagination s'efface devant l'investigation, l'expérience. Ce nouveau livre commence par une suite de poèmes situés dans une région frontalière de la France (le Sud-Ouest pyrénéen) où l'histoire (personnelle, sociale, culturelle) cède graduellement à une " post-histoire ". Il déploie, dans un deuxième temps, une série de cartes " atlantiques ", avant de recueillir, dans une troisième partie, des poèmes plus brefs, écrits en divers lieux de la terre, et qui se lisent comme le livre d'heures d'un pèlerin du vide-plénitude. L'œuvre de Kenneth White, dans son mouvement multiple, dans ses perspectives, et dans sa cohérence, s'affirme de plus en plus comme une des plus éclairantes de l'époque. Édition bilingue, Mercure de France 2000.


Les essais

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Le plateau de l'Albatros - Introduction à la géopoétique

Le point de vue de l'éditeur. Au large de l'Amérique Centrale, sur la dorsale du Pacifique, à mille milles marins des Galapagos, le plateau de l'Albatros émerge à peine de l'eau. Quel meilleur symbole pour une pensée, celle de la «géopoétique», en émergence. Le Plateau de l'Albatros examine le concept de géopoétique des points de vue scientifique, philosophique et littéraire, suit quelques itinéraires individuels (ceux de La Pérouse, de Humbold) salue l'oeuvre de quelques grands compagnons de route (Cendrars, Thoreau) et déploie la première cartographie d'un (nouveau) monde, tout en situant les idées et les pratiques de la géopoétique dans notre contexte socioculturel actuel, par rapport à d'autres notions qui se profilent en cette fin du XXe siècle. Grasset 1994.

L'esprit nomade.

Le point de vue de l'éditeur. Le nom de Kenneth White est lié à un projet culturel d'envergure qui tourne autour de la notion de «nomadisme intellectuel». On en voit les prémisses avec la Figure du dehors et Une apocalypse tranquille. Dans le présent volume, White complète sa cartographie et éclaire sa démarche, tout en frayant de nouvelles pistes. Une première partie, historique, plonge dans le contexte critique qui s'est ouvert en Occident dès le milieu du XIXe siècle, pour en dégager la figure du «nomade intellectuel» porteur de nouvelles énergies et d'un nouvel espace. Suivent cinq oeuvres- vies «nomades», exemplaires par leur densité, la diversité de leurs recherches et leur puissance rayonnante. Une troisième partie enfin définit une nouvelle géographie mentale à partir de trois points de vue: philosophique, littéraire, poétique. Grasset 1987.

La figure du dehors

Le point de vue de l'éditeur. Conjuguant le récit et l'essai, le gai savoir et l'analyse, peu à peu se dessine «la Figure du dehors», née de la philosophie européenne et de la pensée asiatique, du monde celte et de la poésie américaine. C'est un itinéraire singulier, un cheminement intérieur auquel nous convie Kenneth White, dont le parcours est jalonné par les rencontres déterminantes de Rimbaud et d'Ezra Pound, de Bashô et de Scot Erigène, de Segalen et de Thoreau - parcours d'un nomade de l'espace et du temps. L'oeuvre de Kenneth White, dont on a dit qu'elle était la première expression cohérente de la post-modernité, ouvre une perspective originale dans laquelle de plus en plus nombreux sont ceux qui se placent. {La Figure du dehors} est le livre clé de Kenneth White, celui qui éclaire son oeuvre. Grasset 1982.


Entretiens et biographies

Laurent MARGANTN (sous la direction de) - Kenneth White et la géopoétique.

Le point de vue de l'éditeur. Le concept de géopoétique a été élaboré par l'écrivain franco- écossais Kenneth White à partir de 1978. Dans plusieurs essais, mais aussi dans des livres de voyages et des poèmes, il n'a cessé de travailler à son développement. C'est en 1989 qu'a été fondé l'Institut international de géopoétique que préside Kenneth White, institut représenté dans plusieurs pays. Cet ouvrage collectif propose une compréhension à la fois vaste et approfondie du "concept fondateur" que représente la géopoétique de Kenneth White. L'Harmattan 2006. Préface et table des matières ici.

Michèle DUCLOS - Kenneth White, nomade intellectuel, poète du monde

Le point de vue de l'éditeur. L'oeuvre de Kenneth White, par son ampleur, son audace intellectuelle et sa force poétique, sort des normes habituelles et reste difficile à appréhender dans son intégralité. Ce livre se donne pour tâche d'en saisir la vivacité, d'en sonder la densité, d'en cartographier la cohérence et d'en dessiner les perspectives. Pour ce faire, il plonge d'abord dans les origines écossaises de l'auteur, évoquant toute une lignée qui va des moines celtes, ermites ou voyageurs, à des auteurs comme Stevenson Hugh MacDiarmid, en passant par des philosophes tels que Duns Scot et David Hume. Une deuxième partie suit les cheminements de White à travers les cultures européennes (notamment allemande et française), la culture américaine et les cultures extrême-orientales. Une troisième partie tente d'éclairer le grand champ (poétique du monde, géopoétique) ouvert par White avec référence aux plus fines avancées de la science contemporaine. ELLUG 2006. Lire la préface ici et la table des matières.

Le poète cosmographe : vers un nouvel espace culturel. Entretiens 1976-1986.

PU Bordeaux 1987.


et aussi...

Le site officiel de Kenneth White

 

Onze vues des Pyrénées, suivi de Poétique de la montagne (Voix d'encre 2003, lithographies et encres de Serge Saunière).

Énième livre sur le sujet: Le chemin des crêtes. Avec Robert Louis Stevenson à travers les Cévennes. E&C Éditions. Mais l'auteur est Kenneth WHITE. Dans cette pérégrination, qui va des Cévennes, à travers l'œuvre de Stevenson, vers le monde ouvert, Kenneth White est accompagné de Paul Moscovino, qui a suivi l'itinéraire de Stevenson de lieu en lieu et dont les encres aquarellées scandent le texte.

Écosse, le pays derrière les noms (Terre de brume 2001). L'auteur est accompagné sur son chemin tout en méandres, comme tous les vieux chemins des Hautes-Terres, par les photographies de jean Hervoche, d'une austère et étrange beauté.

L'auteur de ce site et Kenneth White en mai 2009 à la Comédie du Livre de Montpellier


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