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«Il y les voyages dont on rêve, il y a ceux qu’on s’autorise à faire, ceux qu’on pense avoir faits. Lesquels méritent le plus d’être contés?» Marc ROGER - Sur les chemins dOxor.
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Marc ROGER – Sur les chemins d’Oxor«A pied, en livres et à haute voix.» Telle est la devise de l’auteur, qui se présente comme Lecteur public, et dont le récit est titré Sur les chemins d’Oxor – chroniques méditerranéennes (2003 – 2004) et raconte un voyage d’un an, un an de lectures dans les pays de la méditerranée. Ce voyage sera l’occasion de constats, de réflexions, de prises de positions. De rencontres avec des gens pour qui un départ «n’est rien d’autre qu’un drame, car payé sans retour.» Lire un texte à des adultes dans une bibliothèque n’a pas le même effet à Mostar qu’à Nevers. Où sont le rire et le rêve ? Remplacés par le silence et la douleur. Sarajevo, la Perle des Balkans « a du mal à briller. Difficile aujourd’hui de nous vendre du rêve.» >>> Retrouvez la suite de cette chronique dans Un Livre dans le sac à dos - 70 livres pour voyager, paru aux éditions Livres du Monde 2010.Les premières lignes : «Avant toute chose, je suis lecteur… Choisir le sens de ma circumnavigation en fonction même des écritures. De gauche à droite, pour aller lire de Marseille à Beyrouth, puis à partir du Sinaï, quand on regarde la carte, marcher de droite à gauche jusqu’à l’Atlas, pour être en quelque sorte en phase avec le monde arabe. Mer coté droit, debout, je marcherai la terre à gauche, coté duquel, lorsque je lis, je tiens le livre en main.» Actes Sud 2005. |
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Julie SIBONY - Méditerranée - Un an de route et d'échangesMéditerranée est plus un reportage qu'un récit de voyage, dans le sens où nous sommes bien avec l'auteur là où il est mais pas vraiment dans ses pensées. En dehors du texte qui la présente, nous n'apprendrons pas grand chose sur l'auteur ni sur ses états d'âme. Sinon ceci: «Ce n'est pas un hasard si j'ai choisi de faire le tour de la Méditerranée en camionnette, sans quitter le plancher des vaches: je n'ai pas, mais alors pas du tout le pied marin.» >>> Retrouvez la suite de cette chronique dans Un Livre dans le sac à dos - 70 livres pour voyager, paru aux éditions Livres du Monde 2010.Extrait - «Il est 19 heures, et le soir tombe sur la Méditerranée. La lumière baisse, la chaleur aussi. À Naples, Athènes, Séville, on en profite pour prendre un peu le frais : un tabouret en osier, une chaise en bois, un banc public, et la rue devient une annexe de la maison. Sur les campi de Venise, de petits attroupements se forment, où tous ont un verre à la main : c’est l’heure du spritz, l’apéro local. La Strada Nova, seule rue large et à peu près rectiligne de la ville, s’ouvre à la passeggiata. Prenez-la à un bout pour avoir toute la longueur devant vous, et marchez l’air de rien. Un peu moins vite : ce n’est pas la destination qui compte, c’est le chemin. Pas trop lentement non plus, sans quoi vous risqueriez de paraître désœuvré. Tout est dans la cadence : résolue mais disponible, absorbée mais décontractée. En version espagnole, ça se passe sur les Ramblas de Barcelone et ça s’appelle le paseo. Arrivé à l’autre bout, faites demi-tour et recommencez en sens inverse. Combien d’allers-retours ? Tout dépend de la distance à parcourir. Le Stradun de Dubrovnik en mérite au moins six ou sept, tandis que l’interminable corniche de Beyrouth se contentera d’un seul passage. À moins d’opter pour le vélo. Mais attention, ça monte, et il faudra éviter joggers et rollers qui, walkman aux oreilles, resteront sourds à vos coups de sonnette. Sur le mail d’Alexandrie, étiré d’un bout à l’autre de la baie, vous devrez choisir : marcher vers la gauche ou la droite ? Vers le fort de Qaït Bey et le phare disparu, ou vers la toute nouvelle Bibliotheca Alexandrina, reconstruite à l’emplacement de son illustrissime ancêtre ? Et pour le retour : côté ville ou côté mer? Éditions Transboréal.Julie Sibony voyage dès son enfance en Italie et au Maroc, le pays d’origine de son père. En 1996, elle séjourne à Florence pour achever une maîtrise d’anglais sur le cinéma de Lubitsch et suivre des cours de photographie, spécialisations qu’elle a ensuite poursuivies à l’Université de New York. Sans cesser de voyager, notamment au Proche-Orient et en Asie centrale, elle obtient un DESS de traduction littéraire anglais/français et s’essaie comme assistante de réalisation sur des documentaires pour Arte, Canal Jimmy et la BBC. Julie Sibony parle couramment l’anglais et l’italien, se débrouille en espagnol et apprend l’arabe. Elle a traduit une vingtaine de romans et d’essais de langue anglaise. |
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Colette FELLOUS – Avenue de FranceVoie asphaltée, artère symbolique qui traverse Tunis, la ville coloniale, l’Avenue de France de Colette Fellous est aussi une route pleine de souvenirs, des souvenirs mêlés à l’histoire, la grande, mais surtout la petite, celle des proches de l’auteur, comme celle d’ancêtres qu’elle n’a pas pu connaître. «L’histoire se lit dans la rue.» Dans l’avenue de France, ou Place de la Nation. Une voie intérieure, enfin. «Je remonte l’avenue de France. Tout est intact, tout vient de naître (…) Par brassée, je ramasse ces morceaux de siècle.» « Je cours machinalement rejoindre ces années que je n’ai jamais connues, là-bas, en Tunisie. C’est une de mes promenades préférées.» Et cette promenade, «c’est ma vie sans être la mienne, je m’y sens bien.» En feuilletant les années comme un livre ouvert, «ces années «qui se promènent sur mes épaules nues», Colette Fellous évoque Tunis, ses quartiers, la vie d’une époque révolue. «Je regarde ma montre, on est en 1881, il est midi sous les ficus.»«La France est devenue mon pays. Je n’ai pas eu à réfléchir ni à demander la permission. Elle était là avait ma naissance, elle m’a invitée à faire partie du voyage.» Magnifique texte, mélange d’époques, j’allais dire : en noir et blanc, comme les illustrations qui ajoutent une touche un brin nostalgique. Les premières lignes : «Le monde m’a été donné, je dois le rendre. Dans ce nouveau vendredi, place de la Nation, il y a un minuscule soleil sur l’avenue, j’ai une longue jupe de lin noire et une veste rouge, je fredonne une musique arménienne que je viens de découvrir et qui ressemble à une odeur très ancienne, impossible à définir encore, un tissu, un bout de laine, un drap de lin, un coin de rue, je ne sais pas, je ne cherche plus à savoir, est-ce que ça se voit que je viens de faire l’amour?» Gallimard 2001, repris en Folio. |
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Elias CANETTI - Les Voix de MarrakechSous titré «journal d’un voyage», les quatorze récits qu composent ce volume ont tous pour origine un voyage et un séjour de l’auteur à Marrakech en 1953. Des rencontres, avec les conteurs et les écrivains publics, les aveugles et les mendiants, les marchands de chameaux, les anonymes, hommes et femmes de la Médina ; des anecdotes, la relation des us coutumes locales comme le marchandage, et quelques remarques sur le voyage et ses difficultés. «Pour se familiariser avec une ville exotique, on a besoin d’un endroit clos sur lequel exercer un certain droit et où se retrouver seul lorsque le trouble des voix nouvelles et incompréhensibles devient trop grand.»Le décor: souks, échoppes, marchandises, étoffes ; les terrasses au soleil à l’arrière des maisons silencieuses ; et Shéhérazade, qui est le nom d’une boite de nuit. Les premières lignes de «Rencontre avec des chameaux»: «Trois fois, je me suis trouvé en contact avec des chameaux et, chaque fois, cela s’est terminé de façon tragique. Il faut que je te montre le marché aux chameaux, me dit mon ami peu après mon arrivée à Marrakech. Il a lieu tous les jeudis matin devant Bab el Khemis, une des portes de la ville ancienne. C’est assez loin, de l’autre coté de l’enceinte fortifiée, je t’y conduirai en voiture. Le jeudi vint et nous y allâmes. » Albin Michel 1980, repris en Livre de poche. |
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La Pensée de Midi - TANGER Ville frontièreRevue littéraire et de débat d'idées N° 23. Actes Sud. Cette copieuse revue dont le double objectif est contenu dans cette citation de René Char placée en exergue: «faire longuement rêver ceux qui ordinairement n'ont pas de songes et plonger dans l'actualité ceux dans l'esprit desquels prévalent les jeux perdus du sommeil» propose son numéro 23 de février 2008 sur Tanger. Après une «petite introduction en forme de chronique subjective» nous entrons dans le vif du sujet, avec des chroniques variées, des contes ou récits, qui nous font visiter la ville, ses quartiers, ses habitants, ses coutumes passées, ses langues, ses frontières, ses forces et faiblesses présentes. Une brève rencontre avec Paul Bowles est inévitable. On fera également une visite guidée dans la Casbah, qui s'embourgeoise, une visite de Tanger au cinéma. On apprendra que Tanger a toujours été u lieu où les cultures se mêlent. Et pourtant cette ville n'a toujours pas de théâtre, et a donné sa collection d'art contemporain à un autre musée. On croisera Zanib, caissière, qui montre une photo d'elle des années 70 sur laquelle on la voit descendre des escaliers tête nue. Maintenant elle met le foulard, sous la pression de sa famille de la campagne, dit-elle. Tanger peut enfin être évoquée par cette chronique (musicale) qui débute ainsi: «Tanger l'inspiratrice n'est pas qu'un mythe. Aujourd'hui encore, la seule évocation de son nom ravive son rôle de muse à l'oeuvre dans les pigments de Delacroix et de Matisse, derrière les mélodies de Camille Saint-Saëns et de Randy Weston tout autant qu'entre les lignes spontanées et libérées de la beat generation.» |
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«Un chemin se reconnaît au fait que l’autre passant devient notre semblable et qu’il nous paraîtrait inconvenant de ne pas le saluer.» Pierre SANSOT
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Pierre SANSOT - Chemins aux ventsDes chemins. Des chemins à parcourir ou des souvenirs de chemins parcourus. Et bien que l’auteur nous conduise sur ses chemins parfois en train (mode de voyage inadapté, selon lui, car l’acclimatation aux changements de climats, de langues, de cultures, est trop rapide) ou même en voiture (et sur autoroute), l’essentiel de ses réflexions procèdent de l’éloge de la lenteur, titre de son précédent ouvrage, et nous conduisent plus souvent, en une vingtaine de chapitres, à pied (ou, à la rigueur à vélo) sur des sentiers de halage ou muletiers. En chemin il faut prendre son temps - en effet : «que serait un chemin que l’on voudrait parcourir d’une seule traite ?»-, il faut apprendre à regarder, même là où apparemment il n’y a rien, et chercher ailleurs que «dans un monde reconnu et quadrillé» où tout le monde est déjà passé. «Les chemins de nulle part se font de plus en plus rares. Il faut désormais plus de flair pour les découvrir et les entreprendre.» Mais au fait, qu’est-ce qu’un chemin ? Réponse magnifique de Sansot : «Un chemin se reconnaît au fait que l’autre passant devient notre semblable et qu’il nous paraîtrait inconvenant de ne pas le saluer.» Et ceci est également valable en ville. Car il y a aussi les «chemins de la ville.» Routes rugueuses ou raccourcis de montagnes, pistes enneigées ou sentiers balisés, au bout d’un chemin il y a toujours une sorte de bonheur. «Le chemin nous rend humble. A la fin d’une journée éprouvante il est beaucoup plus question de ses pieds, de ses chaussures que de problèmes métaphysiques. D’une ampoule en train de s’infecter plus que d’une thématique à la mode.» Et quand les petits bobos seront soignés il sera temps de se plonger dans un récit de voyage. Ou d’écrire le sien. Parole d’écrivain : «Je crois que les récits de voyages ont été bénéfiques à la littérature. Ils nous permettent d’échapper à un intimisme douillet dans lequel nous nous complaisons : hors du divan, de la chambre à coucher, d’une réception mondaine, point de salut pour certains écrivains. Comme si l’univers s’était rétréci...» Allez, sortons ! Il y a toujours un chemin quelque part. Les premières lignes. «Je ne sais jamais trop où un chemin me mènera et s'il me mènera quelque part. En revanche, je suis assuré de ce à quoi il me soustraira: à un assoupissement qui n'est pas une forme de sagesse, à la résignation, au repli sur soi - et la solitude qui parfois l'accompagne n'a rien d'amer: elle me restitue à ce qu'il y a de grave et de doux en moi et demeure mon compagnon: le chemin.» (Payot & Rivages 2000.)A lire aussi: Pierre SANSOT est anthropologue; parmi les livres proches de notre sujet, citons: Jardins publics (Payot 2003) On a souvent reproché aux jardins publics d'être impersonnels. Pierre Sansot y voit au contraire des lieux de rencontres, parfois de heurts, en tout cas d'émotions partagées. Il en restitue ici la beauté déconcertante, les personnages qui les habitent quotidiennement (gardiens, mères de famille, enfants brailleurs, dragueurs, commères, petites gens, paumés, simples passants) et les rituels qui s'y déroulent, montrant que pour être authentique un jardin se doit tout à la fois d'éblouir nos sens et de nous interroger sur notre destinée. On lira aussi de délicieux ouvrages pleins de poésie et de réflexions: Le Goût de la conversation (Desclée de Brouwer 2003); Les gens de peu (PUF 2002); J'ai renoncé à vous séduire (Desclée de Bruwer 2002); Du bob usage de la lenteur (Rivages 2000). |
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David Le BRETON - Éloge de la marcheD'un coté il y a la «modernité». Les encombrements urbains et la bagnole tragique. Les écrans d'ordinateurs et les cd-rom qui proposent des randonnées virtuelles. L'homme pressé. De l'autre il y a la flânerie, «que nos sociétés ne tolèrent pas plus que le silence», la marche, le voyage. Et nos pieds. «Il n'y pas de racines à nos pieds, ceux-ci sont faits pour se mouvoir.» Entre les deux l'auteur a choisi. Il parle donc de «la marche consentie le plaisir au ventre», à travers récits et souvenirs de chemins, et convoque des auteurs, des voyageurs, comme Stevenson, Patrick Leigh Fermor ou Pierre Sansot, avec qui «il s'agit seulement de marcher ensemble et d'échanger des impressions comme si nous étions autour d'une bonne table dans une auberge du bord de route, le soir, quand la fatigue et le vin délient les langues.» >>> Retrouvez la suite de cette chronique dans Un Livre dans le sac à dos - 70 livres pour voyager, paru aux éditions Livres du Monde 2010.Les premières lignes. «La marche est ouverture au monde. Elle rétablit l'homme dans le sentiment heureux de son existence. Elle plonge dans une forme active de méditations sollicitant une pleine sensorialité. On en revient parfois changé, plus enclin à jouir du temps qu'à se soumettre à l'urgence prévalant dans nos existence contemporaines.» (Éditions Métaillé, 2000)A lire aussi: David Le Breton, professeur à l'université des sciences humaines de Strasbourg, a écrit de nombreux livres de sociologie. Il a dirigé le numéro L'aventure - La passion des détours, aux éditions Autrement 1996. |
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«Pourquoi, un jour, prend-on le large? (...) On part, un jour, parce que l'on veut croire qu'un regard peut triompher des bornes de la pensée. Ou parce qu'un goéland, là-bas, aura crié trop fort. Ou bien, tout simplement, parce qu'on s'ennuie.» Michel LE BRIS
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Michel Le BRIS - La Porte d'orEn 1983 Michel Le Bris part à la recherche de l'Ile au trésor. Son voyage, et son aventure, commencent en Californie, au sud de San Francisco, parmi les villes fantômes et les mines éboulées de la Santa Lucia. L'endroit est sauvage et difficile d'accès. «Tout ce qui, dans la nature, pouvait déchirer, mordre, écorcher, lacérer, griffer, empoisonner, semblait s'être rassemblé ici pour nous interdire le passage.» C'est pourtant là que vers 1848 sont arrivés des hommes prêts à tout, surtout à vivre leurs rêves les plus fous, les «traqueurs d'absolu se consumant au feu brûlant de leurs chimères»: les premiers chercheurs d'or. D'où le nom de cette région : la porte d'or. Ce terme est plus évocateur en anglais: Golden Gate. >>> Retrouvez la suite de cette chronique dans Un Livre dans le sac à dos - 70 livres pour voyager, paru aux éditions Livres du Monde 2010.Les premières lignes. «Ce Cabeza de Vaca sorti en 1536 du désert de Culiacan, en haillons, les yeux vides, après huit années d'errance sans armes ni ressources dans l'Amérique immense, qu'avait-il vu là-bas qui le faisait encore marcher, oubliant derrière lui ses trois cents compagnons massacrés?» (Éditions Grasset / Le Seuil)A lire aussi: Michel Le Bris, écrivain, philosophe, responsable de collections, est l'auteur de nombreux ouvrages. Il a beaucoup écrit sur sa Bretagne natale: Bretagne du monde entier (National Geographic, collection France vagabonde); Un Hiver en Bretagne (Le Seuil 1997); il est un des spécialiste de Stevenson; il a publié plusieurs livres sur le monde de la piraterie et la flibuste; Il est le fondateur du festival Étonnants Voyageurs. L'Homme aux semelles de vent (Payot) Que serait un voyage sans le livre qui l'avive et en prolonge la trace - sans le bruissement de tous ces livres que nous lûmes avant de prendre la route ? Samarcande, Trébizonde, tant de mots, dès l'enfance, qui nous furent comme des portes, tant de récits, tant de légendes ! A sa parution, en 1977, L'Homme aux semelles de vent fut salué comme un livre en rupture avec les idéologies du temps. Pour saluer Stevenson (Flammarion 2000) Michel Le Bris salue Stevenson, en nous invitant à le suivre par les chemins du monde. Voyages réels ou imaginés, les romans de Stevenson ont bercé plus d'une enfance, éveillé bien des vocations. De L'Ile au trésor à Docteur Jekyll et mister Hyde tout, dans cette œuvre qui fascina tant Henry James et Jorge Luis Borges est admirable et infiniment troublant. Au sortir de ce nouveau livre on se dit qu'elle reste pourtant à découvrir... Dans la collection Étonnants voyageurs qu'il dirige aux éditions Hoëbeke, il a publié notamment: Nouvelles voix d'Afrique (2002); Anthologie des écrivains de Gulliver (1999) Nicolas Bouvier, Bruce Chatwin, James Crumley, Jim Harrison, Jacques Lacarrière, Jacques Meunier, Redmond O'Hanlon, Hervé Prudon, Salman Rushdie... Quelques noms parmi tant d'autres, pour un exceptionnel panorama de la littérature voyageuse. |
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Georges PICARD - Le Vagabond approximatif«Je marche, je passe, et voilà tout.» Ces récits (courts chapitres, l’idéal pour lire en flânant) nous conduisent en
Berry (une fête foraine à La Châtre, sur les pas de Balzac à Issoudun), en
Auvergne (où l’auteur subit un orage qui lui permet de se poser des questions
très intéressantes sur la vie, la mort et tout ça…), en Touraine et dans
les Cévennes (sur le sentier d’un célèbre écrivain écossais). Les
paysages sont prétextes à des réflexions, des méditations, souvent
amusantes, parfois hilarantes, toujours pertinentes, sur les cafés, la météo,
les chambres d’hôtels et leur plomberie. On se posera pas mal de questions. Est-il inéluctable que «la marche solitaire engendre une certaine monotonie» ? Est-il vrai que «contrairement à ce qu’imaginent les esprits poétiques, il n’y a rien au bout de la route, aucune prétendue " découverte de soi ", puisque dès les premiers pas, on est déjà tout soi-même, l’accumulation de kilomètres apportant une preuve corporelle, mais certainement pas spirituelle de l’existence» ? Une séance de " vachothérapie ", qui consiste à parler aux vaches, les yeux dans les yeux de cet animal méditatif, apportera peut-être les réponses. «On peut tout trouver dans un livre si on le garde avec soi pendant les voyages, le lisant et le relisant lentement, au gré des arrêts, des siestes et des hôtels.» On peut essayer celui-ci. Il suffira de picorer au hasard des pages, on y trouvera toujours quelque chose. Les premières lignes : «Je me méfie des expéditions lointaines entreprises par des voyageurs incapables de faire le tour de leur chambre. Ce qu’on ne sait pas découvrir à deux pas de soi, on ne le trouvera pas mieux aux antipodes.» Librairie José Corti - 2001. |
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«J’aime les récits de voyages, pas tellement voyager, ou alors à pas comptés, contés par d’autres dont je chausse les traces.» Michel CHAILLOU |
Michel CHAILLOU - La France fugitivePendant deux ans l’auteur et son épouse Michèle ont sillonné les routes de France. Il en rapporte une sorte de «voyage sentimental» fait de bribes et de brocs, d’annotations, de rêveries. De Cassis ou Vesoul, avec Virginia Wolf ou Michelet : les rencontres sont fortuites ou recherchées, l’humeur est vive ou vagabonde. Comme d’autres écrivains voyageurs, Michel CHAILLOU a du mal à partir.
«A force d’analyser si je pars, partirais-je ? Cette manie de me
rendre à la gare des heures à l’avance pour endormir le voyage dans
les nuages de l’attente.» Il finit néanmoins par partir, tel un «oiseau
migrateur» pour qui la «rêverie a aussi ses saisons». Il avance «un
pied dans le présent, un autre dans le passé et profitant des
descentes" et nous propose de courts chapitres. Les premières lignes de Le voyageur avant le voyage: «A dire vrai, je n’ai jamais su partir. D’abord pour partir, il faut être là, or je suis tellement toujours ailleurs, distrait, préoccupé, filant ma laine... Ensuite quitter, s’en aller, tous ces mots qui tournent le dos, pas mon être. Même laisser tomber, plus vertical, ou foutre le camp, en dépit de son ambition lascive.» Librairie Arthème Fayard 1998, repris en Livre de Poche.A lire aussi: Michel Chaillou, né à Nantes, a passé son adolescence au Maroc. Il a publié une vingtaine de livres, dont Le Sentiment Géographique (1976), Domestique chez Montaigne (1983), La Vie privée du désert (1995), Le Ciel touche à peine terre (1997), et Indigne Indigo (2000). Il a créé et dirigé la collection Brèves Littérature (24 volumes parus aux éditions Hâtier). La Fleur des rues - Petit guide pédestre de la littérature française au XVIIème siècle. Paris sous Henri IV, Louis XIII. Malherbe parle à Racan, Maynard sort à l'instant. Au cabaret chahute Saint-Amant. Théophile est au cachot. Connaissez-vous Siméon-Guillaume de la Roque? Sur le pont Neuf qui vient juste d'enjamber la Seine officie Tabarin. Petit guide du Tout-Paris littéraire du XVIIe siècle. Fayard 2000. |
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