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Daniel RONDEAU - CarthageDaniel Rondeau est parti à la recherche de Carthage, à la recherche d'un «pays idéal qui n'existe plus.» En 2007 il n'y a plus que des chiens, là où en 146 avant JC existait une ville importante, une ville de la mer, avant qu'elle en parte en fumée, vaincue par la puissance de Rome, le peuple de la Terre, sous les yeux d'un certain Scipion Émilien. L'auteur nous promène dans la Carthage moderne (ou ce qu'il en reste) et la Carthage qui a été une ville importante dans l'Antiquité, au carrefour de l'Orient et de l'Occident. Parmi les noms associés à cette ville: Apulée, Hannibal, Saint Augustin. «A l'époque d'Augustin (novembre 354 - août 430), Carthage n'est rien que "l'autre Rome en Afrique" (Salvien), une métropole cosmopolite où se frottent les cultures puniques, berbères, romaines, grecques, chrétiennes et juives.»Rondeau cite les auteurs qui, comme lui, se sont intéressé à la ville. Fernand Braudel a souvent évoqué Carthage, Albert Camus aussi, dans Noces, et Flaubert en a (presque) fait l'héroïne d'un roman. Ce livre est donc un récit de voyage, qui raconte un voyage de nos jours, un reportage, et aussi un ensemble de méditations. Méditations sur le temps, avec Braudel: «des villes tombent, semblent mourir, se relèvent (...)» Sur l'écriture, qui serait «souvent une consolation. C'est l'annexe de nos vies secrètes, qui fait exister ce qui n'est plus, durer ce qui disparaît, chanter les ardeurs enterrées.» Méditations sur l'Histoire, aussi. Avec ceux qui ont raconté cette ville: Hérodote, Thucydide et Polybe. Mais que ce mot méditations ne vous inquiète pas: les petits textes qui composent le livre sont d'une écriture limpide, très faciles d'accès malgré une érudition certaine, qui enrichit la lecture. Daniel RONDEAU est écrivain et journaliste. Ceci explique la réussite de ce livre, à ranger très haut dans les livres que nous appelons «de voyages.» Les premières lignes: «Zut, je me suis encore trompé. Chaque fois, c'est la même chose, je tourne tout de suite à droite en sortant de l'hôtel alors que je dois prendre la voie de gauche. Il est un peu moins de cinq heures du matin. Mal réveillé, j'ai suivi un ruban de macadam qui ne mène nulle part et me suis enfoncé dans un zone de marécages, au-delà du cap Gammarth. Je baisse la vitre et respire des oduers froides de vase et de mer.» Nil 2008. |
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«Un bestiaire d'histoire et de mémoire. Le sillon du destin et des volontés passagères sur l'écorce du monde.» |
Daniel RONDEAU - AlexandrieUn jour, en 332 avant J-C, au retour de ses conquêtes, un homme s'arrête sur une bande de sable. Du haut de son cheval, Alexandre jette son manteau à terre et s'écrie : «c'est ici !» Et c'est ainsi que naît Alexandrie... Depuis elle a vu passer bien des siècles et bien des hommes illustres. Et Rondeau nous dresse le portrait de cette ville à travers son histoire, ses personnages et ses lieux. Parmi les lieux célèbres, le phare, bien sûr. C'est à un grand voyageur, Ibn Battûta, que l'on doit le dernier témoignage visuel. Depuis : plus rien. Il n'existe plus et pourtant on le voit encore. «C'est que le phare appartient à cette espèce peu commune des grands monuments morts qui révèlent l'invisible», écrit Rondeau. Et la bibliothèque. Dont la mission était tout simplement de «rassembler les livres des quatre coins de la terre». Parmi les gens qui passèrent par Alexandrie il en est de très illustres. En voici une liste, par ordre de passage. Antoine et Cléopâtre, vous souveniez-vous que c'est dans cette ville qu'ils se suicidèrent? Mais au fil des siècle elle perd de sa superbe. Et quand Bonaparte et l'armée d'Égypte y arrivent, ils ne trouvent que «les débris d'une cité autrefois illustre et florissante». Elle reçoit néanmoins la visite de Champollion (1828), puis de Gobineau. Au début du siècle les frères Lumière y projettent des images animées. Puis vinrent les écrivains. Forster en 1915. Cavafy, qui habite au dessus d'un bordel. Et Laurence Durrell, qui écrira le célèbre Quatuor d'Alexandrie. Enfin, Jean-Yves Empereur, l'archéologue au nom prédestiné, qui redécouvre Alexandrie la Magnifique. Voilà ce que nous raconte Daniel Rondeau : «un bestiaire d'histoire et de mémoire. Le sillon du destin et des volontés passagères sur l'écorce du monde.» Les premières lignes. «La première fois que je suis venu à ALexandrie, j'étais parti du Caire en bus. Je m'étais imaginé, en achetant mon billet pour une poignée de livres égyptiennes, que j'allais voyager dans un de ces vieux véhicules où les passagers s'entassent avec leurs chèvres et leurs poules comme on en voit un peu partout en Orient...» (NiL éditions, 1997. Folio 3341.) |
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Daniel RONDEAU - Istanbul«Où es-tu ? me demande-t-elle. Sur la plus haute tour de Yedikule ? Que vois-tu ? – Toute la ville, toute la mer, toute la Terre…»Istanbul est le terme d’un voyage commencé il y a plus de quinze ans, après Alexandrie et Tanger. «Trois villes charnières sur l’écorce du monde, les trois portes de la mer où navigua Ulysse.» Daniel Rondeau raconte, dans un style simple, ce qu’il voit, ce qu’il lit, ce qu’il vit, dans cette ville mythique, la Sublime Porte. Istanbul aujourd’hui, la mer de Marmara, le Bosphore, les rives, le détroit. Incontournables. Promenades au hasards des rues. La poésie, d’abord : «Sur le Détroit, l’agitation grandit. Yachts, ketchs, barques, cargos, caïques, hors-bord se bousculent dans une vapeur d’or rose. (…) La nuit damassée de lumières vole d’une rive à l’autre, légère et bleue.» La réalité, ensuite : un million de clandestins, ou sans-papiers, des «ombres administratives» en attente d’un départ pour un «paradis occidental.» Plus loin, d’autres quartiers, dont les noms sont plus ou moins connus de tout amateur de foot : Galatasaray et Fenerbahçe, qui tiennent une grande place dans la vie de la cité, «comme autrefois les deux factions de l’Hippodrome dans le quotidien des habitants de Byzance.» Dans cette ville riche et bigarrée, on y croise des gens simples et d’autres, comme ce garçon qui peut réciter l’œuvre d’Eluard en turc, ou ces passionnés du marché aux pigeons voyageurs. Istanbul hier. Constantinople, Byzance. Trois noms célèbres pour une même ville, du coup inoubliable. «Un matin de l’hiver 324, Constantin fait le tour de la ville qui se nomme encore Byzance, à pied, une lance à la main, pour marquer le tracé de la future muraille.» Constantinopolis. La capitale de l’Empire Romain d’Orient. Puis Istanbul, au XVIeme. Soliman fleurit la ville d’une fleur encore inconnue en occident, la tulipe. Plus tard, au siècle dernier, on y croisera le commandant Julien Viaud, alias Pierre Loti, dans une effervescence d’académiciens, de diplomates, d’ambassadeurs et de sultanes. Istanbul demain… On en parle beaucoup, ces temps-ci. Quels avantages à faire partie de l’Union Européenne ? Réponse d’un autochtone : « – Ils feront les eaux plus propres, et le poisson reviendra, ils ont déjà commencé avec le Danube. Ici, chacun n’en fait qu’à sa tête. C’est l’Europe qui sauvera le Bosphore, sinon le Bosphore mourra, et nous aussi.» Les premières lignes: «Je demande au peintre Komet si Istanbul lui avait manqué quand il était arrivé à Paris, en 1971, avec sa bourse d’étudiant des Beaux-Arts. C’est le Bosphore qui me manquait, me répond-il ; surtout au début. Je sautais sur mon vélo et j’allais voir couler la Seine, le matin.» Éditions Nil 2002, repris en Gallimard / folio. |
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Tanger et autres MarocJe n'ai pas lu ce livre. Je vous propose la 4 de couverture. Capitale de la Maurétanie, terminus des caravanes, antichambre de l'hégire, porte de l'Afrique et de la Méditerranée, puis partie de plaisir un peu mélancolique pour les demi-solde du monde moderne, Tanger avec ses mystères, ses fumeurs de kif, sa médina, ses guirlandes d'arômes, ses étrangetés, ses ombres et ses façades blanches, exerça de tout temps sa puissante fascination sur les aventuriers, les voyageurs et les artistes. Paul Morand, Beckett, Delacroix, Matisse, Truman Capote, Tennessee Williams, les Rolling Stones, Paul et Jane Bowles ont tous été citoyens de ses collines insouciantes. En 1987, Daniel Rondeau publiait un portrait de Tanger où il venait d'effectuer plusieurs séjours. Dix ans après ce premier livre, il nous en offre une version augmentée d'impressions sur différentes villes marocaines (Marrakech, Fez, Essaouira, Taroudant) et de notes de voyage. Son récit s'achève par un retour à Tanger, cette ville où le climat est mauvais pour le cœur mais bon pour les passions. |
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