|
Autres animations |
|
Le 3eme festival Inuit et des Première Nations du Canada |
|
|
> Site www.tikerak.com |
Le 3eme festival Inuit et des Première Nations du Canada s’est tenu à Annecy et alentours (La Turbine à Cran Gevrier, et à Saint Jorioz à la maison de l’association Mali Initiatives) du 1er au 4 mai 2008. Au programme: des documentaires, des expositions, des conférences. Et quelques moments inhabituels. C’est pour faire découvrir une culture, un passé, un présent, des légendes, l’art et la culture d’un peuple que l’association Qallunak organise ce festival. |
|
|
Films et documentairesJ’ai revu «Dans les pas de Paul Emile Victor – Vers un réchauffement climatique?» Le film de Stéphane DUGAST est maintenant bien connu des amateurs. La présence de Stéphane VICTOR ajoute bien sûr de l’intérêt à l’évènement. Mais le film est vraiment très réussi, selon les normes d’aujourd’hui: paysages magnifiques, images spectaculaires, montage impeccable. Sans oublier les grands moments d’émotion, quand les «anciens» des contrées groenlandaises reconnaissent en Stéphane, le voyageur des années 2000, le Vitou des années 30. |
|
A lire aussi: L’art du Grand nord, gros volume ds éditions Citadelles & Mazenod.
|
La troupe Artcirq et contes autout du feuIl est un village, Igloolik, au Nunavut. Et comme dans tous les villages des régions plus ou moins reculées, voire délaissées, du Berry au Canada, il vaut mieux tenter de prendre son destin en main. C’est ce qu’ont fait quelques volontaires en créant une troupe de cirque, si l’on peut dire, ou plutôt un spectacle qui mélange des jeux inuit et des numéros de cirque traditionnel. Cette troupe présente un film et, bien sûr, un spectacle. La partie la moins convenue de ce festival fut sans aucun doute les eux soirées avec animations, ateliers, veillée, contes autour du feu, sur les hauteurs de Saint Jorioz. L’organisation fut un peu lâche – le public présent ne s’attendait pas à être conduit par une ouvreuse vers un fauteuil numéroté, mais de là à ne pas trouver le site, à monter en vain à travers champs, à s’installer et à marcher dans un champ à la nuit tombée, sans repères, sans informations…
Le spectacle de la troupe Artcirq fut apprécié à juste titre. Mélange de nonchalance et de virtuosité, de chants traditionnels et de guitares électrique. Des hommes, des femmes, des enfants. Tout le monde participe, à son niveau. Beau spectacle, amusant, émouvant, différent. Stéphane VICTOR a conclu cette nuit en lisant un conte inédit entendu et transcrit par Paul-Emile et qui sera bientôt publié. (Le lendemain c’est Margrethe HOJLUND qui fut la conteuse.) Le grand feu en plein air réchauffa les auditeurs qui avaient patienté. On se quitta vers minuit. Quelques intrépides rentrèrent sous les tentes pour une nuit à la façon des peuples du Canada. Quant à moi, j’ignore d’où vient cette recette, mais j’ai dégusté de gros carrés de chewing-gum roses légèrement cuits au feu au bout d’une baguette de bois confectionnée avec une petite branche… J’étais moi aussi, pour un soir, un peu «ailleurs.» |
|
Bernard SALADIN D’ANGLURE. Outre le livre cité dans cet article Il a publié un livre qui aide à comprendre Atanaarjuat, le célèbre film par et pour les Inuit/ Atanaarjuat la légende de l'homme rapide, aux éditions Indigène. |
En flânant au hasard du programme.En flânant du coté du centre Bonlieu, on pouvait voir les œuvres des artistes peintres et sculpteursqui exposaient et animaient des ateliers. Ainsi Jean TAYLOR et ses superbes peintures de scènes traditionnelles du Yukon. Des œuvres d’artistes inuit contemporains étaient également présentées. Bernard SALADIN D’ANGLURE donna une conférence particulièrement intéressante de autour de thème «Être et renaître Inuit, homme femme ou chamane» à partir de ce qu’il raconte dans son livre. (Gallimard 2006) Le point de vue de l'éditeur - Au nord du cercle polaire, à Igoolik, dans le Navanut canadien, des inuit tentent de concilier le respect de la tradition et la modernité, le souvenir encore très vif du chamanisme, avec une christianisation récente, la vie de chasseurs- pêcheurs, avec l'école, l'internet et le développement minier. Ils cherchent à valoriser leur tradition orale et leur conception originale de l'être et du renaître inuit : mythes d'origine de la vie humaine, de la différenciation des sexes, de la mort, de la guerre et d'espèces animales ; instauration des règles du mariage et des relation de la première femme chamane, en proie à la jalousie d'un homme. Disettes passées, cannibalisme de famine, stérilité des couples, avec, comme remèdes, partage de gibiers, des enfants et échange de conjoints. Cette tradition orale promeut l'épanouissement individuel et la soumission à l'intérêt collectif , elle a beaucoup à nous apprendre sur la vie et sa reproduction. Elle valorise un étonnant genre narratif : les souvenirs intra-utérins, qui ouvrent et terminent cet ouvrage (abondamment illustré par des artistes inuit), en éclairant la conception inuit de la personne, du transsexualisme symbolique et du travestissement, au cœur de la médiation chamanique. |
|
|